
Avec 165 GW de nouvelles capacités installées en 2025, l’énergie éolienne connaît un développement rapide partout dans le monde. Ce n’est plus une solution marginale ou une technologie émergente, c’est un pilier des systèmes énergétiques décarbonés modernes. L’éolien fournit une énergie abordable et fiable à grande échelle, soutient des centaine de milliers d’emplois dans le monde et renforce la sécurité énergétique des économies, quel que soit leur stade de développement.
Du soleil vient le vent
Les vents sont des déplacements de masses d’air atmosphérique à la surface de la Terre. Ils sont causés par un réchauffement inégalement réparti à la surface du globe provenant du soleil. Leur circulation à l’échelle planétaire est influencée par la force de Coriolis résultant de la rotation de la Terre.
Sur les 175.000 TW d’énergie solaire que reçoit notre palnète, 900 TW sont convertis en énergie éolienne. Le potentiel maximal de puissance exploitable est estimé à 20 TW.
Un peu d’Histoire
L’Homme utilise l’énergie éolienne depuis des millénaires, pour se déplacer (marine à voile) et pour diverses activités : mouture du grain, pompage de l’eau, séchage du grain et des fourrages, évaporation des marais salants…
Le premier moulin produisant de l’électricité a été construit en 1887 en Écosse et pendant presque un siècle les aérogénérateurs, d’une puissance unitaire de quelques kW, ont été longtemps utilisés pour fournir de l’électricité dans des zones éloignées du réseau électrique. Suite aux premiers chocs pétroliers, c’est à partir des années 1980 que des éoliennes de grande taille ont été raccordées au réseau pour une utilisation de leur production électrique à distance.
Fin 2025 on dénombrait 400.000 aérogénérateurs à travers le globe dont la puissance cumulée est supérieure à 1000 GW.
*1000 GW = 1 TW
L’énergie éolienne mondiale en chiffres
Parc
Le Parc Éolien mondial a atteint une capacité globale de 1.299 GW en 2026, dont 92,3 GW d’éolien offshore. Il a progressé de 169 GW en 2025 avec l’installation 28 395 éoliennes dans 57 pays.
138 pays à travers le monde sont désormais alimentés par l’énergie éolienne. Les principaux pays producteurs d’énergie éolienne sont la Chine (41,6 %), les États-Unis (17,1 %) l’Allemagne (5,0 %), le Brésil (4,3 %).
En France (au 30 juin 2026), la puissance totale installée atteint 26,7 GW soit 2 % de la capacité mondiale (dont 24,4 GW d’éolien terrestre et 2,3 GW d’éolien off-shore). La progression du parc français s’est élevée à 0,8 GW au premier semestre 2026 (0,5 GW terrestre et 0,3 GW en mer).
Production
La production mondiale d’électricité à partir de l’énergie éolienne a atteint 2 708 TWh en 2025 (représentant environ 8,5 % de la production mondiale d’électricité) et poursuit sa forte progression en 2026 avec une croissance estimée à plus de 5 % sur l’année.
Cette énergie très faiblement carbonée (12 à 19 g CO₂éq/kWh) est peu coûteuse (50 à 71 €/ MWh)
Progression de l’énergie éolienne dans le monde
C’est en Asie que l’on observe les développements les plus significatifs. La Chine a installé près de 120 GW en 2025, soit autant que les nouvelles capacités éoliennes de 2024, tandis que l’Inde a déployé 6,34 GW de nouvelle capacité terrestre, soit une augmentation de 85 % par rapport à l’année précédente. En Corée du Sud, au Vietnam et aux Philippines, des réformes réglementaires décisives traduisent la volonté politique en projets concrets prêts à recevoir des investissements. Parallèlement, en Asie centrale le Kazakhstan et l‘Ouzbékistan affichent leurs ambitions portées par des projets de très grande envergure (1GW et 500MW respectivement) et des prix très compétitifs.
Le Moyen Orient l’Afrique du Nord sont également très actifs. L’Arabie saoudite a plus que quadruplé ses installations annuelles pour atteindre 1,5 GW – franchissant le seuil des 2 GW cumulés alors que l’Égypte poursuit ses investissement et dépasse les 3 GW de capacité cumulée. La Turquie a ajouté 2,1 GW, consolidant sa position parmi les marchés terrestres les plus actifs de la région avec près de 16 GW de capacité cumulée.
On notera aussi que, la Suède et la Roumanie ont affiché des taux de croissance annuelle les plus élevés d’Europe, alors que le Chili a triplé ses ajouts annuels pour dépasser 1,1 GW. Last but not least , le GWEC prévoit que la région Asie-Pacifique (hors Chine) s’imposera comme le troisième marché mondial en termes de croissance de l’éolien en mer d’ici à 2030.
On voit là que l’éolien n’est plus l’apanage d’un petit groupe d’économies développées.
L’énergie éolienne est un moteur de croissance.
Le marché de l’énergie éolienne est estimé à près de 190 milliards de dollars en 2025 et devrait connaître une croissance moyenne de 11 % par an d’ici à 2034 avec des retombées notables dans ses différentes composantes : turbines, structures porteuses, infrastructures électriques …
Outre ses constituants technologiques, les parcs éoliens génèrent des revenus fonciers dans les zones rurales ou côtières et des taxes ou redevances directes qui financent les budgets des collectivités locales.
En 2024, le secteur de l’énergie éolienne représentait environ 1,9 million d’emplois dans le monde (sur un total de 16,6 millions d’emplois dans l’ensemble des énergies renouvelables).
L’éolien terrestre attire les investissements grâce aux baux fonciers, aux activités de construction ainsi qu’aux fonctionnement et à la maintenance des infrastructures. L’éolien en mer stimule d’importantes modernisations des infrastructures, allant de la rénovation des ports aux réseaux de transport à haute tension et aux navires spécialisés. A l’échelle mondiale cela représente environ 150 milliards de dollars par an.
À mesure que son déploiement s’intensifie, l’éolien joue un rôle de plus en plus central dans la transformation des systèmes électriques. L’extension des réseaux de transport, une gestion plus intelligente du réseau et des ressources flexibles — telles que le stockage, la gestion de la demande et les projets hybrides d’énergies renouvelables — sont incontournables pour intégrer la croissance de productions locales intermittentes d’électricité éolienne (ou solaire). Les projets intégrés et mutualisés combinant éolien, solaire et stockage démontrent déjà comment la complémentarité des profils de production peut stabiliser le débit et améliorer la performance du système, tandis que les interconnexions régionales transforment les ressources éoliennes nationales en actifs énergétiques partagés et en réalisations communes. Il est aussi possible de lisser les variation de production au niveau des usagers (tarification temporisée, effacement…)
Le secteur éolien a également adopté les technologies les plus récentes. L’intelligence artificielle (IA) et l’analyse avancée des données sont désormais intégrées à la chaîne de valeur, de l’évaluation des ressources à l’optimisation des marchés de l’électricité, permettant aux turbines et aux parcs éoliens de fonctionner avec plus d’efficacité et de fiabilité. Parallèlement, les progrès réalisés dans les domaines de la fabrication, des matériaux et de la technologie des turbines continuent d’améliorer la performance et la durabilité de l’ensemble du secteur.
Défis
Concurrence /des énergies fossiles
Le développement de l’énergie éolienne est de plus en plus contesté par des discours semant le doute chez les décideurs comme chez les usagers.
Ainsi l’administration américaine actuelle – soutenue par les intérêts du secteur des combustibles fossiles (« drill baby, drill ! ») – a joué un rôle actif dans la promotion de récits mensongers sur l’énergie éolienne, malgré le succès de cette technologie sur le marché intérieur.
Parallèlement, des campagnes de désinformation organisées cherchent à mettre en cause la fiabilité, les coûts et les avantages systémiques des énergies renouvelables en général et de l’énergie éolienne en particulier. Cette opposition s’appuie le plus souvent sur des contre-vérités grossières où l’exagération de défauts mineurs. À mesure que la production et la diffusion de récits, de données et d’images fallacieux deviennent moins coûteuses et plus sophistiquées grâce aux réseaux sociaux, le besoin d’une communication proactive fondée sur des preuves et les faits n’a jamais été aussi pertinent.
Géopolitique et chaînes d’approvisionnement
Le secteur de l’énergie éolienne subit des mesures commerciales protectionnistes qui menacent, à l’échelle mondiale, de fragmenter les chaînes d’approvisionnement, en raison de leur impact tant sur les matières premières, comme l’acier, que sur les composants éoliens spécifiques.
Alors que les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus politisées et placées sous l’angle de la sécurité, la coopération régionale joue un rôle croissant et crucial. Toutefois, si les échanges commerciaux entre certains pays ont fortement chuté (Amérique du Nord, Chine), le volume global des échanges est resté stable, l’évolution des flux commerciaux entraînant une forte augmentation des échanges bilatéraux entre divers groupes de pays.
Bien que les guerres douanières menées par les États-Unis dominent l’actualité, de nombreux pays appliquent de nouveaux accords de libre-échange, notamment entre l’UE et le Mercosur ainsi qu’entre l’UE et l’Inde. Des initiatives transfrontalières contribuent à harmoniser les portefeuilles de projets avec le développement des chaînes d’approvisionnement et des infrastructures, démontrant ainsi qu’une politique industrielle et commerciale coordonnée, menée avec des partenaires partageant les mêmes vues, constitue la voie la plus crédible vers la résilience des chaînes d’approvisionnement dans un monde en pleine mutation.
Cela étant, le secteur éolien a de l’avenir, porté par une viabilité économique robuste que ni la dénigrement ni la désinformation — ne devrait ébranler. De plus le conflit au Moyen-Orient fragilise davantage la rentabilité des énergies fossiles pour la grande majorité des pays — près de 80 % d’entre eux sont importateurs nets, tandis que même les exportateurs subissent la hausse des prix à la consommation — et accélère l’adoption de technologies électriques (comme les véhicules électriques) ainsi que la demande en énergies propres.
Plus important encore, ce nouveau choc pétrolier et gazier montre une fois de plus que les économies modernes ne peuvent plus dépendre des énergies fossiles dont la la disponibilité n’est pas assurée les prix sont déraisonnablement volatils et le bilan carbone calamiteux (Pétrole, gaz.
En conclusion
Par sa très faible émission de gaz à effet de serre l’énergie éolienne contribue au mix énergétique permettant de faire face au dérèglement climatique. Elle constitue un atout stratégique en matière d’infrastructures, générant des avantages économiques, industriels et concourt à la sécurité énergétique. À l’ère de l’électricité, l’éolien s’impose comme l’un des piliers du système énergétique mondial.
Principales références
- Global Wind Report 2026, Global Wind Energy Council (2026)
- Marché de l’énergie éolienne 2025 – 2034, Global Market Insight (2025)
- Renewable energy and jobs : Annual review 2025 IRENA (2026)
- Renewable Power Generation Costs in 2024, IRENA (2025)
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Quel plaidoyer pour cette technologie chinoise qui défigure les paysages, nuit à la biodiversité -surtout aux oiseaux par l’effet des vitesses subsoniques des pales et dont les moins values pour tout l’immobilier et le foncier avoisinant ne sont jamais comptabilisées.
Bref un raté total, désolé c’est le premier de vos articles que je trouve indigne vraiment