Fragile augmentation de la couverture vaccinale infantile dans le monde

@FreePix.uk

Nous disposons aujourd’hui de vaccins pour prévenir plus de 20 maladies infectieuses souvent mortelles. Cela permet de sauver des millions de vies chaque année. La vaccination est un véritable succès en termes de santé publique mondiale dont la pérénité dépend du maintien d’une couverture vaccinale suffisante.

Baisse de du nombre d’enfants « zéro dose »

D’après le dernier recensement de l’OMS (2025), 90 % des nourrissons dans le monde le monde, soit près de 116 millions, ont reçu au moins une dose du vaccin DTC (diphtérie – tétanos – coqueluche) et 85 % ont pu recevoir la vaccination complète, c’est à dire trois injections.

Il y a donc eu 13,5 millions d’enfants « zéro dose » qui n’ont reçu aucun vaccin durant la première année de vie. Bien qu’il soit encore élevé ce chiffre est en baisse de près de 750 000 enfants par rapport à l’année précédente.

Malgré l’amélioration par rapport à 2024, la couverture vaccinale mondiale reste inférieure d’un point aux taux observés en 2019 et l’on observe des disparités importante d’une région du monde à l’autre.

Disparités régionales

D’après les données provenant de 195 pays, plus de la moitié d’entre eux (100) a maintenu une couverture par les trois doses du vaccin DTC d’au moins 90 % depuis 2019. 30 pays parmi ceux ayant vacciné moins de 90 % des enfants en 2019 ont réussi à améliorer leur taux de couverture vaccinale au cours des six dernières années. En revanche il y a stagnation ou recul dans 65 pays.

Comparativement aux données datant de 2019, année de référence, les Amériques ont fortement augmenté leur couverture et même amélioré leurs taux, tout comme l’Asie du Sud-Est qui est désormais la région enregistrant les meilleurs performances. En revanche, malgré les progrès réalisés l’an dernier en Afrique, en Méditerranée orientale et en Europe, la couverture dans ces régions demeure inférieure aux niveaux enregistrés avant la pandémie de COVID-19 et le taux de vaccination dans la région du Pacifique occidental a baissé, s’écartant encore plus du niveau atteint en 2019.

On remarque que sur le total des enfants qui n’ont pas été vaccinés ou l’ont été partiellement (soit 19 millions de nourrissons dans le monde), 55 % vivent dans 10 pays : Afghanistan, Éthiopie, Inde, Indonésie, Nigeria, Pakistan, Philippines, République démocratique du Congo, Soudan et Yémen.

L’analyse des données montre aussi que les conflits et les crises humanitaires peuvent rapidement altérer les progrès en matière de vaccination. La moitié des enfants non vaccinés dans le monde vivent dans 26 pays touchés par une situation de fragilité, de conflit ou de crise humanitaire alors qu’ils n’abritent que le quart de tous les nourrissons de la Terre.

Recrudescence de la rougeole

À l’échelle du globe, les estimations de l’OMS indiquent que 7,3 millions de nourrissons ont reçu la première dose du vaccin DTC, mais pas celle du vaccin contre la rougeole. Cela a contribué à la stagnation des taux de couverture par la première dose et la deuxième dose du vaccin contre la rougeole respectivement à 84 % et 77 % – deux chiffres qui sont trop loin du seuil de 95 % nécessaire pour prévenir les épidémies de ce virus particulièrement contagieux et 57 pays ont connu des flambées de rougeole importantes en 2025, en Afrique (Nigeria, RDC, Afrique du Sud), en Amérique (Canada, États-Unis, Guatemala, Mexique…) et en Asie (Bangladesh, Kirghizistan…)

Perspectives et menaces

Au cours des 25 dernières années, le nombre annuel d’enfants « zéro dose » a diminué de 40 % grâce aux investissements soutenus par les gouvernements, aux engagements pris par les communautés, au renforcement des programmes internationaux et à la confiance acquise auprès du public.

Toutefois sont progrès restent fragiles. La forte baisse du financement international de la santé (30 à 50 % selon les programmes), auquel s’ajoute l’instabilité planétaire croissante la mésinformation au sujet de l’innocuité des vaccins, a déjà un impact le traitement et/ou la prévention des pathologies infectieuses  notamment dans les pays pauvres.

Ces incertitudes doivent être combattues sans délai par les actions multilatérales coordonnées et cohérentes car chaque enfant, qu’il soit né dans une famille riche ou pauvre, en temps de paix ou de conflit, a le droit de bénéficier de la protection vitale des vaccins.

Aucun enfant ne devrait mourir d’une maladie que nous savons prévenir.

Références

  • Global childhood immunization coverage inches forward despite conflict and hesitancy – UNICEF, WHO (2026)
  • Immunization coverage -Fact Sheet, WHO (2026)

Vous avez pu lire cet article rédigé sans recours à l’intelligence artificielle et naviguer sur le site sans être incommodé par de la publicité,des textes sponsorisés ou du traçage commercial alors que la rédaction des publications de ce blog demande un important travail de documentation et le recours à de nombreuses sources d’informations qui ne sont pas gratuites. Pour soutenir cette politique et permettre au blog de progresser avec plus d'illustrations didactiques : images et schémas animé(e)s ou non,c’est ICI

6 thoughts on “Fragile augmentation de la couverture vaccinale infantile dans le monde”

  1. Merci, je vous avoue que ce sujet ne me passionne pas, nous vivons clairement dans un monde dévoré par diverses dystopies, ce qui à mon avis, devrait nous interpeler quant aux causes. Et, à ce sujet, je rejoins l’analyse de Gilbert Gautier qui met en lumière nos dysfonctionnements à l’aide de l’anthropologie, la paléontologie, la biologie et l’histoire.
    Comme toute autre espèce, nous sommes sous l’emprise d’un système qui s’est progressivement mis en place au cours des ères précédentes et qui agence les différentes formes de vie.
    Entre autres injonctions, il nous assure de la totale fiabilité du potentiel dont nous disposons.
    Bien entendu, de graves dysfonctionnements montrent clairement les limites de la condition humaine.
    Peu importent les faits qui le démentent, nous n’en démordons pas, il nous semble évident que l’Homme dispose d’un statut particulier qui l’émancipe grandement des lois qui régissent les autres formes de vie.
    La situation est devenue alarmante. Effondrement de la biodiversité, empoisonnement de la planète, réchauffement climatique, c’est désormais l’avenir de l’humanité qui est en jeu. Notre écrasante expansion est incompatible avec la bonne santé de la planète.
    Ce conditionnement nous incite à nous détruire par le biais d’un dérèglement comportemental fait de multiples violences (guerres, crimes, maltraitances), formes de stress (dépressions, suicides, névroses). Cet incroyable déni qui nous fait ignorer les dysfonctionnements précités et nous laisse de marbre quant à l’empoisonnement de la planète ou encore le réchauffement climatique. Épidémies et pandémies complètent les moyens de défense dont dispose le Vivant. Englués dans le terreau biologique, nous adhérons pleinement au principe de notre destruction tout en restant persuadés de rester aux commandes. Le progrès surévalué comme le complotisme font, à mon avis, partie de ces pratiques destructrices.

  2. Les vaccins stimulent la résistance naturelle du corps humain en limitant les effets des infections. Toutefois, je me demande si la multiplication des vaccins et de leurs rappels ne créent pas chez l’homme un phénomène de dépendance qui en fin de compte affaiblit son organisme. De ce fait, en l’absence de renouvellement de vaccin la maladie ne se développe t-elle pas plus rapidement et peut-être plus dangereusement ?
    Des études ont-elles été menées pour vérifier cette hypothèse ?

    1. Je n’ai pas connaissance de publication sur un affaiblissement de l’efficacité des vaccins du fait de leur multiplicité et/ou de l’administration de rappels.
      En revanche :
      – l’immunité conférée par un vaccin peut diminuer avec le temps ce qui diminuer la protection contre l’infection. Le rappel permet de stimuler à nouveau le système immunitaire pour lui redonner la capacité de protection efficace.
      – Les agents pathogènes (virus et les bactéries), peuvent évoluer avec le temps. Cela se traduit par la modification d’une partie leur structure, en particulier la région reconnue par le processus de protection immunitaire résultant de l’administration du vaccin initial . C’est la raison pour laquelle certains vaccins sont régulièrement mis à jour pour correspondre aux nouvelles souches de l’agent pathogène, comme cela se fait pour le vaccin contre la grippe.

  3. L’efficacité vaccinale, dans le monde, ne peut être contestée : aucun enfant, ou adulte, ne devraient mourir de maladies que l’on sait prévenir facilement (épisode Covid, entre autres : heureusement, l’ARN Messager continue sa bonne route en matière vaccinale). Les fronts antivax (en Europe, et surtout aux USA oú maintenant l’équipe Trumpienne, et son ministre de la santé “Kennedy Jr” cherchent á faire des économies stupides (recrudescence de la variole…). D’autres secteurs seraient nettement plus pertinents pour le monde entier (pétrole, data-centers et IA…).

  4. Bonjour merci pour votre article très poussé. Oui les vaccins ont du bon prépare l’organisme à se défendre. Mais la situation mondiale est totalement disproportionnée face à la vaccination des nouveaux nés entre 0 pour certains pays et 11 vaccins obligatoires dans les 3 premiers mois pour les nourrissons français! Alors que la France a chuté dans son classement de gestion périnatalité…en passant à la 23eme place
    je ne suis pas une scientifique mais j’observe:
    – que les vaccins représentent un gros lobbie…
    -Cette obligation des 11 vaccins avant 3mois est apparue sitôt après la première élection d’E.Macron….

    1. En France, pour les nourrissons nés à compter du 1er janvier 2023, il y a 13 vaccinations obligatoires (qui remplacent et complètent la liste des 11 obligations en vigueur depuis 2018). Ce protocole vaccinale suit les celui du Programme essentiel de vaccination (PEV) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui recommande la vaccination universelle contre 13 maladies et formule des recommandations ciblées selon le contexte pour 17 autres maladies, de la naissance à l’âge adulte.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *