Menaces sur les forêts

Chênes en Bourgogne © Xavier Drouet

La dégradation des terres due à l’activité humaine touche 460 millions d’hectares des forêts qui couvrent près d’un tiers de terres émergées de notre planète où elles ont un place essentielle

  • dans la régulation du cycle du carbone et du cycle de l’eau :
  • dans la réduction des risques liés à la sécheresse, à la désertification, à l’érosion des sols, au glissement de terrains et aux aux inondations ainsi qu’à leurs conséquences ;
  • la protection de la biodiversité ;
  • la contribution à la sécurité alimentaire, à la nutrition, aux moyens de subsistance ainsi qu’à la fourniture de matériaux biosourcés et d’énergies renouvelables.

Les forêts dans le monde

Les forêts recouvrent 4,14 milliards d’ha soit 32 % des terres émergées du globe ce qui représente 5000 m² par personne. Elles se répartissent en forêt primaire (29%), en forêt plantée (8%) et en forêt régénérée (63%).

On les retrouve dans toutes les zones climatiques : tropicale (45 %), boréale (28 %), tempérée (17 %), subtropicale (11 %). Plus de la moitié des terres forestières sont situées dans 5 pays : Russie (20 %), Brésil (12%), Canada (9%), Etats-Unis (7%), Chine (5%).

Les forêts stockent de grandes quantités de carbone, estimées à 172 t/ha. Les écosystèmes forestiers abritent une part majeure des espèces terrestres mondiales : amphibiens 80 %, oiseaux 75 %, mammifères 68 %. Elles jouent donc un rôle central dans la régulation du climat et l’équilibre de la planète.

Menaces : de quoi parle t on ?

Pertes

L’évaluation des ressources forestières mondiales menée par la FAO en 2025 montre que la perte de

couvert forestier et la dégradation des écosystèmes forestiers se poursuivent à l’échelle mondiale, les tendances et les causes différant toutefois d’une région à l’autre.

Depuis 1990, on estime que 489 millions d’hectares de forêt ont été perdus en raison de la déforestation et que la superficie des forêts primaires a reculé de 110 millions d’hectares. Une grande partie de la perte forestière est imputable aux pressions exercées par l’agriculture.

Le taux de perte forestière nette est passé de 10,7 millions d’hectares par an entre 1990 et 2000 à 3,68 millions d’hectares par an entre 2000 et 2015, mais il est reparti à la hausse et a atteint 4,12 millions d’hectares par an entre 2015 et 2025, principalement sous l’effet d’un ralentissement du taux d’expansion des forêts.

La superficie forestière nette a augmenté en Asie et en Europe, ainsi que, dans une moindre mesure, en Amérique du Nord et en Amérique centrale, tandis que l’Afrique et l’Amérique du Sud ont continué d’enregistrer une perte nette de superficie forestière, plus lente cependant au cours de la période 2015-2026 que durant la décennie précédente.

Variation annuelle nette de la superficie forestière par pays 1990-2025
NOTE: Augmentation nette de la surface forestière en vert, pertes nettes en rouge et variations faibles ou nulles en beige.

Impacts

Ecologiques

La disparition de territoires forestières et la dégradation des forêts affecte l’intégrité écologique, déstabilisent les habitats, réduisent les précipitation ce qui affaiblit leur capacité à fournir des services écosystémiques essentiels.

Le dérèglement climatique et ses corollaires (sécheresse, incendies, ravageurs), la perte de biodiversité, la pollution et l’extraction des ressources naturelles, comme l’exploitation minière et l’exploitation des combustibles fossiles dans les zones forestières sont autant de menaces sur les écosystèmes forestiers dont la vulnérabilité croissante se traduit aussi par une dégradation des terres.

Parallèlement, la demande mondiale de produits forestiers continue d’augmenter, sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation, du développement des infrastructures, des besoins énergétiques et de l’expansion de la bioéconomie. Cette demande croissante accentue la pression sur les ressources et augmente le risque d’une exploitation abusive et d’un changement d’affectation des terres.

L’augmentation de l’écart entre la demande et une offre durable des produits forestiers provoque un déséquilibre structurel qui menace leur intégrité écologique et leur viabilité à long-terme.

Socio-économiques

Les pertes de surface forestières ont aussi un impact socio-économique direct, en particulier pour les populations dont les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire* et l’identité culturelle sont étroitement liées aux productions et à l’environnement forestiers *2,4 milliards de Terriens dépendent encore du bois-énergie comme principale source de combustible pour la cuisson des aliments.

À l’échelle mondiale, l’économie forestière formelle représente une valeur d’environ 1 500 milliards de dollars par an et emploie près de 1 % de la population active. Le secteur forestier devrait continuer à constituer une composante globalement modeste, mais localement importante, de l’économie dans son ensemble.

Les produits forestiers non ligneux (PFNL) sont très importants pour de nombreuses communautés et entreprises liées au secteur forestier. Malgré le manque d’informations disponibles sur les échanges de ces produits — en particulier dans le secteur informel —, la FAO estime que les PFNL génèrent directement et indirectement de la une valeur économique et sociale près des trois quarts de la population mondiale. Selon l’évaluation des ressources forestières mondiales de 2025, la valeur mondiale des prélèvements de PFNL en 2020 s’élevait à environ 9,4 milliards de dollars, dont 80 % pour les produits d’origine végétale.

Alors que l’expansion des forêts ralentit, que les pertes nettes persistent et que la demandede produits en bois augmente, il est faut impérativement de promouvoir la mise en œuvre d’une gestion durable de tous les types de forêts, mettre fin à la déforestation,restaurer les forêts dégradées et accroître le reboisement parallèlement à la mise en place de mesures de protection des forêts.

Principales références

  • The State of the World’s Forests 2026, FAO (2026)
  • Restoring forests and landscapes: the way forward for a sustainable future, FAO (2026)
  • FAO’s work in forests for food security, nutrition and human health, FAO (2020)

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